Révélation sur les accidents de la route...

Selon une étude de l'Institut de Veille Sanitaire (INVS http://www.invs.sante.fr) de 1996 à 2004, il s'avère que les données recueillies par les forces de l’ordre au moment de l'accident ne permettent pas à elles seules de quantifier le nombre de blessés de la route, et ce quelle que soit la gravité de l'atteinte.

Il s'avère qu'il y a autant de blessés avec séquelles majeures que de tués et que le risque d'être lourdement handicapé après un accident de la route est le même que celui d'être tué.

Cet article Buzz Assurance se propose de relayer une partie des informations publiées en mai 2008 par l'INVS 1).

Des données parfois incomplètes

En France, comme dans les autres pays européens, les blessés de la route sont recensés par les forces de l’ordre mais, contrairement aux tués, leur dénombrement est incomplet et biaisé puisque tous les accidents ne font pas forcément l'objet d'une intervention et d'un PV.

L'INVS 2) associant l’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité), l’InVS et l’Université Claude Bernard Lyon 1. ) s'est basé sur l’existence d’une deuxième source d’enregistrement, médicale, dans le département du Rhône, afin d’estimer le bilan exhaustif de la morbidité routière sur la France, par capture-recapture et projection.

Les nouveaux chiffres

Sur 1996-2004 l'étude a estimé, en moyenne annuelle les cas suivants:

  • 514 300 blessés dont 137 000 hospitalisés,
  • 60 800 blessés graves
  • 7 500 avec séquelles majeures.

L’analyse révèle que les blessés graves à deux-roues motorisé sont désormais aussi nombreux que les blessés graves automobilistes (de l’ordre de 20 000) et les blessés graves cyclistes aussi nombreux que les piétons (de l’ordre de 6 000).

Les risques

Cette étude révèle qu'en France, la route ferait finalement autant de blessés avec séquelles majeures que de tués.

L’étude a porté sur les personnes blessées non décédées. Les lésions à la tête sont toujours prédominantes, mais le sont plus particulièrement chez les piétons et les cyclistes, alors que les membres inférieurs et la colonne vertébrale sont relativement plus souvent concernés chez les automobilistes et usagers de deux-roues motorisés.

Parmi ces usagers de deux-roues motorisés, et à la différence de ce que l’on observe pour les tués, le nombre de blessés graves rejoint, à la fin de la période d’étude, le nombre de blessés graves parmi les automobilistes (alors que les usagers de deux-roues motorisés ne représentent que 1% du trafic, et les automobilistes 74%).

Pour les cyclistes et les usagers de deux-roues motorisés, le risque de handicap lourd est beaucoup plus élevé que celui d’être tué.

1) Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 6 mai 2008, disponible sur le site de l’InVS : http://www.invs.sante.fr/display/?doc=beh/2008/19/index.htm
2) Unité mixte de recherche épidémiologique et de surveillance Transport Travail Environnement (http://www.inrets.fr/ur/umrestte
dossiers_actualite/revelations_sur_les_accidents.txt · Dernière modification: 2008/05/07 10:20 par zassur38
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